

Une cartographie diasporique, comestible et participative, se déploie à partir du riz croustillant (飯焦), reste devenu trésor, récompense de l’enfance et rituel de raclement au fond du pot. Autour, les mochi de tapioca, entre bouncy et al dente , les graines, les pâtes de haricot rouge et les crudités composent un paysage en horizontalité, où le sucré et le salé co-existent sans hiérarchie. Les clémentines ouvertes comme des fleurs ne décorent pas : elles offrent leur peau, récupérée pour devenir 陳皮 (chenpi), écorce d’agrume séchée, condiment et ingrédient médicinal. En séchant, cette peau entre dans un autre temps, celui de la transformation lente, du parfum qui mûrit, du goût qui s’approfondit. Ainsi se dessine une géographie du périssable et du transformé, où chaque matière a plusieurs vies et chaque texture porte sa mémoire.
Retour en images : Dans le cadre du vernissage de Ghostly Distilled Matters, exposition collective @systeme_d_malakoff_ , curatée par @qiwennd
Credit photo : @antoineplanty